Derrière la colline vivent les gorilles de Nkuringo

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Avec l’excitation de rencontrer les gorilles, on n’a aucune difficulté à se réveiller à l’aube. Dehors, le soleil se lève sur les montagnes et c’est avec émerveillement qu’on découvre cet endroit magique qu’est Nkuringo.

Le rendez-vous pour le trek est à 7h30 au wildlife office à quelques kilomètres d’ici. On avale un bon petit-déjeuner et on prépare des sacs à dos les plus optimisés possibles. Il est effectivement conseillé d’emmener 2 litres d’eau par personne, des sandwiches (fournis par le lodge), un chapeau, un habit de pluie, de la crème solaire, des guêtres (ou des chaussettes hautes), plus évidemment appareil photo, cartes mémoire et batteries (pleines cette fois-ci !).

Les 4 autres invités du lodge sont aussi de la partie. Ils sont plus âgés que nous ce qui, soyons honnête, apporte un certain soulagement quant au rythme que nous allons devoir suivre pour atteindre les gorilles ;-) Méfions-nous quand-même, on est pas à l’abri de découvrir de grands sportifs et en plus, ils carburent au red bull ! On attrape tous des bâtons et on se met en route.

La forêt impénétrable de Bwindi est située sur le bord de la vallée du rift. Elle est une des forêts tropicales les plus anciennes et les plus diversifiées d’Ouganda. Elle abrite environs 400 gorilles des montagnes, soit la moitié de la population mondiale. C’est donc un endroit rare et précieux qu’on est assez ému de découvrir ce matin.

Au quartier général des rangers, on rencontre nos derniers compagnons de randonnées, deux jeunes hollandais plutôt très en forme … L’équilibre est donc parfait entre les « juniors » et les « anciens » pour une équipe digne de Koh-Lanta :))

On effectue l’enregistrement des permis et on assiste au briefing de Robert qui nous conduira aujourd’hui jusqu’aux gorilles de Nkuringo. Il nous présente le groupe, mené par 3 silverbacks : Safari, Rafiki et Kirungi et nous raconte un peu son histoire.

Le processus d’habituation des gorilles de Nkuringo a débuté en 1996 et les premières visites ont été ouvertes au public en 2004. A l’origine, son territoire s’étendait de la vallée de Kashasha River à la crête de Nteko, principalement sur la colline Nkuringo, et parfois en dehors des limites du parc, créant des conflits avec les villagois qui voyaient leurs plantations régulièrement dévastées. C’est alors que l’IGCP (International Gorilla Conservation Programme) décida d’acheter une parcelle de terre adjacente au parc afin de créer une zone tampon non attractive pour les gorilles.

Même si cette solution n’a pas complètement résolu les problèmes de voisinage, le groupe Nkuringo a prospéré sous la conduite de son dos argenté emblématique du même nom, mort à l’âge de 49 ans en 2008. Il compte aujourd’hui 18 individus depuis le départ de Bahati. Nouveau changement également, Karibu est en passe de devenir un magnifique silverback ! Le groupe se répartit sinon de façon équilibrée entre 3 dos argentés, 3 dos noirs dont Karibu et Christmas, 4 femelles adultes, 4 juvéniles et 4 jeunes.

nkuringo

Robert insiste enfin sur l’utilité de faire le trek accompagné de porteurs qui, pour 15$ la journée, s’occupent d’acheminer le sac à dos et aident à franchir les endroits difficiles. On hésite un instant puis on se laisse tenter, au moins pour le plus faible de nous deux (je vous laisse deviner …). C’est Mary qui nous accompagnera.

On quitte les bureaux pour s’approcher au plus près des gorilles, à 30 mn en voiture d’ici. On débute le trek par une longue descente abrupte mais un membre des anciens montre déjà des signes de faiblesse au niveau d’un genou, ce qui nous oblige à ralentir la cadence.

On traverse de nombreuses plantations avant d’arriver jusqu’à la forêt. Pour l’instant tout va bien pour nous même si il faudra bien remonter tout ça à un moment ou à un autre … On arrive à une rivière sans pont qu’il faut franchir le plus habilement possible. Certains y vont carrément en chaussure, sautant de cailloux en cailloux, d’autres se déchaussent pour faire trempette. L’art du mauvais choix, ça me connaît. Pieds nus, je tente d’avancer à travers le courant. Je glisse. Mary me rattrape mais échappe ma chaussure … Il faudra finir la journée le pied mouillé, tant pis !

L’ascension commence à ce moment là et c’est vraiment raide. Grâce à Mary, la montée est un peu moins douloureuse. Par contre, notre trackeuse au genou défaillant n’arrive presque plus à suivre et s’arrête quasiment tous les 10 mètres. Cela fait bientôt 3 heures qu’on marche à travers la forêt et à ce rythme, on risque de rater les gorilles en mouvement … Les grands singes passent en effet les premières heures du jour à chercher de la nourriture avant de se reposer, ce qui est moins intéressant à observer pour nous.

On fait une petite pause sandwich pour reprendre des forces juste avant un grand virage. On repart et on découvre une montée tellement abrupte qu’il va falloir grimper à 4 pattes. En voyant ça, le groupe des anciens devient tout blanc et « genou-tout-mou » fond littéralement en larmes. Dur :(

De notre côté, on commence l’escalade. C’est vraiment difficile mais tout doucement, on arrive au bout. Par contre, les autres sont toujours en bas. On demande à Robert si il est possible de diviser le groupe. Les trackers de Nkuringo arrivent à notre rencontre et nous emmènent finalement à 4 jusqu’aux gorilles qui n’étaient plus très loin.

Aujourd’hui, ils se trouvent malheureusement dans une zone où la végétation est très dense et, comme on le craignait, ils sont déjà au repos. Lorsqu’on arrive à bonne distance, il est assez difficile de les distinguer dans les arbres. Un œil par ci, une patte par là … Pour être honnête, on voit pas grand chose mais la fatigue a complètement disparu et l’excitation est bien au rendez-vous !

C’est Rafiki qui se trouve d’abord devant nous avec l’un des petits qui gigotte à ses côtés. On voit du mouvement à l’arrière, les autres ne sont pas loin. On grimpe un peu à leur rencontre. Il s’agit de Safari et Karibu. Coincé entre eux et un rocher, on s’attardre là quelques instants quand Karibu se lève soudainement et vient jusqu’à nous. Impossible de reculer. Personne ne bouge. Personne ne parle. Le gorille est impressionnant mais tellement doux et bienveillant dans ses gestes et son regard ! Il se couche presqu’à nos pieds pour un moment de forte émotion.

Voir la galerie photo des gorilles de Nkuringo
 

Robert nous rejoint avec un seul des anciens. Il nous conduit jusque Christmas encore en recherche de nourriture un peu plus haut. L’heure tourne et il va falloir bientôt quitter nos nouveaux amis. On est tout content quand même d’avoir eu le privilège de rencontrer quelques uns des membres de ce groupe emblématique de Bwindi :)

Pola NKU Karibu Pola NKU Safari Pola NKU Christmas

Le temps devient menaçant. Il semble que le retour va se faire sous la pluie ! Les rangers nous guident à travers un raccourci qui nécessite de franchir la colline plutôt que de la contourner. Je commence à fatiguer sérieusement mais j’arrive encore à suivre doucement tandis que « genou-tout-mou » repart carrément en brancard … Chapeau d’ailleurs à l’organisation des services de secours : avec les rangers de Bwindi, on est entre de bonnes mains !

Il nous faudra 3h pour remonter tous ce qu’on a descendu à l’aller et revenir jusqu’aux véhicules. Ce retour a été terriblement difficile mais grâce aux encouragements des porteurs et des rangers, on a vaincu la montagne avec beaucoup de fierté me concernant ;-) Nous voulions mériter nos gorilles, nous les avons mérités !

A l’UWA, Robert nous remet nos certificats. Il s’excuse pour la difficulté du trek d’aujourd’hui, presque gêné que tout le groupe ne soit pas parvenu au bout. On le rassure : de notre côté, on est super content de cette journée à Bwindi et d’avoir pu vivre cette expérience exactement comme nous l’avions imaginée !

DIPLOME Bwindi

De retour au camp, on court sous la douche, comme quoi on a encore plein d’énergie !

Au dîner, on fait plus amples connaissance avec le groupe des anciens. Ils sont en fait d’origine zimbabwéenne et font partis de ceux qui ont quitté le pays suite à la politique d’indigénisation de Mugabe. Après un passage en Afrique du Sud, ils vivent et travaillent maintenant en Ouganda, à l’est du pays.

La bouillotte toute chaude arrive et il est maintenant l’heure d’aller récupérer avec une bonne nuit de sommeil. On est complètement lessivé mais tellement heureux :)

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2016-12-02T14:09:35+00:00

Un commentaire

  1. La fée 29 novembre 2012 à 1 h 15 min␣- Répondre

    Tu n’écris pas assez vite petite sœur, il me tarde de lire la suite !

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